Le boxeur
[Publié le 2 juin]
Après l'uppercut, ce fut le tapis. Pendant, un peu plus d'un mois, j'étais à terre. J'avais peine à entrouvrir les yeux collés. Un goût amer au palais, la tête au sol, j'entendais un ronronnement sourd et angoissant, comme des coups réguliers assenés sur un lointain tambour de cérémonie. L'arbitre invisible hurlait un compte-à-rebours, lent et inexorable. Plusieurs fois, je tentais de me redresser, retombant chaque fois plus violemment sur le sol dur. Au bout d'un mois, je parvins à tituber. Je redressais la tête pour reprendre le combat.
Le têt était passé et c'était la rage au cœur que j'enfilais les gants. Je me jetais sur le ring, mal guéri, blessé, méchant comme une vieille lame rouillée et déchirée. Je cognais. Fort, sans relâche, ne reprenant mon souffle que pour enchaîner les coups. Souvent, je trébuchais, tombais à genoux. La colère aidant, je me relevais pour frapper. Plus fort, plus vite, plus puissamment. Pendant encore un bon mois, j'imaginais la nuit les coups que j'allais donner le lendemain. Il fallait que ça sorte. Alors je tapais encore plus fort.
Et puis, il y a une semaine, endolori, épuisé, les gants déchirés, j'ai levé la tête. Le sac de sable se tenait face à moi, intact et inerte. De tout ce temps, il avait à peine oscillé sur son axe. Je le défiais les poings levés. Lui m'ignorait comme le rocher ignore le torrent qui lisse ses flancs. Aucune bosse, à peine un balancement, lent et inaltérable.
Alors j'ai remis un genou à terre. Et j'ai commencé à tourner la tête.
Le têt était passé et c'était la rage au cœur que j'enfilais les gants. Je me jetais sur le ring, mal guéri, blessé, méchant comme une vieille lame rouillée et déchirée. Je cognais. Fort, sans relâche, ne reprenant mon souffle que pour enchaîner les coups. Souvent, je trébuchais, tombais à genoux. La colère aidant, je me relevais pour frapper. Plus fort, plus vite, plus puissamment. Pendant encore un bon mois, j'imaginais la nuit les coups que j'allais donner le lendemain. Il fallait que ça sorte. Alors je tapais encore plus fort.
Et puis, il y a une semaine, endolori, épuisé, les gants déchirés, j'ai levé la tête. Le sac de sable se tenait face à moi, intact et inerte. De tout ce temps, il avait à peine oscillé sur son axe. Je le défiais les poings levés. Lui m'ignorait comme le rocher ignore le torrent qui lisse ses flancs. Aucune bosse, à peine un balancement, lent et inaltérable.
Alors j'ai remis un genou à terre. Et j'ai commencé à tourner la tête.
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