Phu Tho Express

AVENTURE n. f. XIe siècle. Ce qui doit arriver, destin heureux ou malheureux.

jeudi 14 janvier 2010

Postpartum

Nous avons atterri hier matin dans le blizzard. L'avion s'est posé dans l'obscurité du petit matin sur un ruban jaune néon suspendu dans un volume blanc et indéfini. Température négative sur la passerelle.

Nous avions passé la veille avec un petit garçon malicieux et insouciant. Après un déjeuner délicat sur la terrasse ombragée de Ngong, nous avions pris une dernière glace. Quelle grimace quand nous lui avons fait goûter le sorbet à la mangue ! Mais il en voulait encore. A notre retour, nous avons joué sur la terrasse recouverte de cette fine poussière de suie qui revient sans cesse malgré les lavages à grandes eaux. Il était fier de marcher à l'extérieur pour la première fois, allant et venant d'un côté à l'autre, trébuchant, se relevant pour se rendre de la grande jarre bleue électrique au pot de la plante tropicale. Il était déjà noir comme un ramoneur quand il a ouvert le robinet et s'est aspergé d'eau de la tête aux pieds. Surpris, il n'a pas pleuré - ce n'est pas son genre. Après une bonne douche, nous avons joué une dernière fois ensemble. Il a bu son biberon de 18h, goulument comme à son habitude.

Nous avons fourré la boîte de lait entamée dans un sac en plastique, pris quelques vêtements et ses jouets préférés : la petite peluche qui ressemble à Totoro, le hochet rond, le gros ballon jaune, Petit Ours Brun aime bien sa maison, le livre des animaux de la ferme et Baby Monster, un livre en tissu - modeste cadeau par avance pour son premier anniversaire dans quelques jours. Ensemble, nous avons descendu l'escalier, pris à gauche, passé la petite passerelle puis nous sommes entrés dans la pouponnière.

Nous lui avons laissé cette photo de nous trois, plastifiée avec les moyens du bord, où nous faisons tous une tête bizarre. Un gros câlin chacun. Quelques regards interrogateurs, quelques mots, quelques geste brefs. Je l'ai serré dans mes bras, un peu fort peut-être.

Puis nous avons passé la porte. Le regard cloué au sol. La mâchoire serrée.