Un 24 décembre
Vol d'après-midi longuet et sans sommeil. Atterrissage à 6h55 sur le Tarmac déjà tiède de l'aéroport d'Ho Chi Minh Ville, un peu vaseux après le petit déj omelette tiède / haricots blancs / saucisses. Bon, avant de passer la douane, il faut d'abord faire établir les visas. Gloups, il faut des photos d'identité ? Tout est arrangé en deux petits clichés numériques (et 6$) par la souriante stagiaire du service de l'immigration.
Nous sommes attendus. A peine sortis du terminal, nous embarquons dans un taxi et fonçons tout de go dans les embouteillages du matin. Les embouteillages du matin ressemblent beaucoup aux embouteillages de 17h et à ceux de 22h : un amas fumant de motos pétaradantes, pieds à terre, parsemé de quelques minibus et d'une poignée de voitures à l'arrêt.
A 8h30, notre taxi s'engage sous un portique en fer et se gare devant une grande bâtisse bleu pâle. Deux mots de présentation et nous voilà dans notre chambre : carrelage gris, 4 lits de 120, un petit lit à barreau en fer, un bureau, une salle de douche et la clim. Vue imprenable sur le boulevard, en son stéréo (le klaxon est l'âme de la motobike). Pas vraiment l'hôtel de charme, mais nous ne sommes pas là pour le confort.
On nous accorde 5 minutes pour nous passer un peu d'eau sur le visage, enfiler une chemise propre et nous laver les dents. Nous descendons un étage, tournons à gauche et passons la petite passerelle. Pas le temps de jeter un oeil dans la cour, où le Père Noël donne un spectacle enlevé. Un petit garçon se tient debout, au coin de la terrasse, dos à la crèche, écoutant les rires et la musique qui monte de la fête.
Les premiers gestes sont maladroits. il nous regarde, jette un oeil anxieux à la nounou. Julie le prend dans les bras. Pas de pleur, mais un visage inquiet et interrogateur : c'est qui ceux là ? je ne les connaît pas et, en plus, leur voix sonne bizarre...
Deux heures de jeux plus tard, la glace se fendille. Il nous pointe du doigt et montre la photo (celle que nous lui avons envoyée début octobre). Wouah, les gens de la photo existent en vrai ! Jeux, séances photos, câlins : nous apprenons à nous connaître.
Le soir, un jus de corossol au Rex (souvenir gourmand de notre premier voyage ici, il y a bientôt 14 ans) et une longue promenade dans un Saïgon versé avec passion dans le Christmas spirit (illuminations et sapins omniprésents, chants de Noëls dans les sonos et Pères Noëls en motobike à tous les coins de rue). Coup de fil à Thaïs pour lui souhaiter un joyeux Noël - elle nous manque, bien sûr. Elle est un peu déçue ; elle pensait voir son petit frère en vidéo sur skype. Un appel de Tokyo, connexion asiatique. Puis nous filons à la chapelle du Couvent des Oiseaux pour assister à la messe de Noël. L'endroit est plus sobre que ne le laissait présager le nom. Les fidèles sont massés dans la nef blanche, décorée de guirlandes et de couronnes de l'avent. Ceux qui n'ont pu entrer sont assis à l'extérieur, sur des tabourets en plastique de couleurs vives. La cérémonie est belle, toute en chants. Nous ne comprenons rien ou presque - on nous souffle que Ki To, c'est le Christ. Mais l'esprit de Noël est là. L'enfant est arrivé.



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