Phu Tho Express

AVENTURE n. f. XIe siècle. Ce qui doit arriver, destin heureux ou malheureux.

vendredi 16 février 2007

Les franges du monde

Un ado en stage à la poste inscrit des messages pipi caca sur des copies d'examen envoyées à ses camarades. Cette histoire a fait la une des journaux et radios de Nouvelle Zélande quand nous y étions. Nous n'avons pas vu la TV, mais il y a fort à parier que l'affaire était également au menu de la Claire Chazal locale. Les responsables se sont pressés pour faire part de leur indignation. On a parlé d'amende, d'excuses publiques et même de prison. Il a fallu que le Senior Sergeant de la police de Christchurch apaise les esprits en rappelant qu'il n'y avait là aucun crime punissable par la loi et que cette rebuffade d'adolescent en resterait là. Le dit garçon, en bon rebelle, a d'ailleurs refusé de faire amende honorable.

Imaginons maintenant la même histoire à Bourg en Bresse ou à la Courneuve. Quelle publicité recevrait cet événement ? Une ligne dans les faits divers du journal local ? A Bourg en Bresse, peut-être. A la Courneuve, probablement pas. Il n'est même pas certain que l'histoire aurait retenu l'attention des habitués du café du coin.

Le monde est au bord de l'implosion, les ressources naturelles s'épuisent, l'élévation du niveau des mers menace certaines peuplades de Nouvelle Guinée, les guerres civiles font rage, le terrorisme se mondialise, le groupe Police se reforme, et dans les faubourgs de Wellington, Monsieur et Madame Brooks retrouvent comme chaque jour les Wesley à 5:00 P.M. précise, autour d'une tasse de thé, accompagnée de scones au miel de Manuka (excellent) et de glace Hokey Pokey (miam !), pour discuter de ce qu'a encore fait ce chenapan de Billy Pettigrew. Figurez-vous qu'il n'a pas salué Mme Mirtle à la sortie de l'église dimanche dernier...

Difficile d'imaginer à quel point ce bout de terre perdu entre l'Australie et l'Antartique, bien loin de toute voie de circulation, vit à l'écart des tumultes du monde. Alors quand la terreur frappe la mère patrie ("God Save the Queen"), et bien les Kiwis annulent leur vacances sur le vieux continent et se rabattent sur leur bach (prononcer batch), ces maisons de plage, souvent simples, qui constituent là bas une institution. Résultat : les prix grimpent. Et voilà un nouveau sujet d'intérêt national qui va occuper les journaux pendant une bonne semaine. Et en plus, vous avez vu le temps qu'il fait ? L'été a été pourri, ma bonne dame. Ils en parlaient hier au journal.