Phu Tho Express

AVENTURE n. f. XIe siècle. Ce qui doit arriver, destin heureux ou malheureux.

mardi 20 mai 2008

Chronique japonaise

Tokyo, shinkansen pour Kyoto, une petite journée à Nara, détour par Takayama, dans la montagne, puis retour à Tokyo. Deux semaines au pays du soleil levant, des sashimis de méduse, des légumes de la mer (les algues quoi), des geishas, des samouraïs, sans oublier Zelda et son ocarina. Des cérisiers en fleurs le jour aux néons de Shibuya ou Shinjuku la nuit, ce fut la grande vie, avec restaus de sushis et izakayas terribles, tournées de shio-shu (la gnôle locale) et tours de chant enflammés au karaoké. Si on ajoute les verres pris au 52ème étage de tours futuristes, ça fait un peu cliché, j'en conviens. Mais, les clichés, ça a parfois du bon.

Après quelques jours de jet lags sévères (genre, réveil à 2h du mât en pleine forme), Thaïs s'est acclimatée à vitesse grand V, retrouvant ses ballerines de voyageuse, pleine de curiosité et d'émerveillement. Le top des événements marquants:

1) Les toilettes chauffantes (de Bénédicte et Yannick). Incomparables avec les vulgaires lunettes froides de nos contrées sous-développées. Mais le confort a ses limites et un usage non averti des commandes de toilettes - parfois un véritable cockpit - peut mal finir comme cette fois, dans notre hôtel de Kyoto, où Julie a déclenché la féérie des eaux à la consternation de Thaïs, assise trempée sur la cuvette (elle n'a pas voulu retourner seule sur les toilettes pendant les 3 jours passés dans cet hôtel).

2) L'attaque du daim, à Nara. Décor : un immense parc dissimulant les temples parmi les plus anciens et imposants du Japon. Et des daims, en liberté. Beaucoup, et pas farouches (à force d'être nourris copieusement par les touristes, forcément...). La première réaction fut un enthousiasme débridé : des biches ! Alors, elle s'avança pour les caresser, tout en criant de joie, les faisant donc fuir. Jusqu'à ce qu'elle approche d'un jeune mâle, la tête dans l'herbe, tout à son déjeuner. N'écoutant que son amour des animaux - et donc pas les appels à la prudence des ses parents, elle allait toucher le faon quand celui-ci donna un coup de tête brusque. "Il m'a poussé avec ses bois !", se lamenta la petite fille, pleurant de déception plus encore que de peur.

3) La nuit sur un tatami. Les auberges traditionnelles japonaises, c'est pas toujours très confortable, mais c'est rigolo. Bien sûr, comme toujours, on enlève ses chaussures à l'entrée. Ensuite, il n'y a pas de lit, mais un futon qu'on installe sur le tatami à l'heure du coucher. Et pas de salle de bain, ou plutôt une grande salle de bain où l'on se douche avant d'entrer propre dans le grand bain commun - car il faudrait être un gros dégoutant pour prendre un bain étant sale. Le problème, c'est que l'eau est un peu chaude pour les enfants, mais à part ça, le ryokan, c'est très chouette, on peut faire des galipettes sur le tatami. Quand aux papas et aux mamans, ils peuvent jouer au jedi en yukata (le kimono en coton à disposition des clients).

4) La maison de Kiki, la petite sorcière. C'est à une demi-heure de train de la gare de Shinjuku. Après une jolie promenade dans une banlieue cosy - petit canal fleuri et rues nickel comme toujours au Japon, on arrive au musée Ghibli, le studio d'Hayao Miyazaki et Isao Takahata (mais si, l'auteur du sublimement triste Tombeau des lucioles). Au programe, petit cours d'animation, visite de la maison de Boucle d'Or (avec chaise de 1,5m de haut) et bataille de peluches (les makurokuro suké, ou noiraudes) sur un chat bus géant, le Neko-Bus de Totoro. Et bien sûr, foules de dessins et d'esquisses, notamment de Kiki, la petite sorcière préférée de Thaïs.

5) La baby-sitter tokyoïte. Enfin, elle était chinoise, mais elle étudiait au Japon, après des études de droit au Costa Rica (pourquoi pas ?). Donc, nous partons vers 19h30 pour une soirée joyeuse à Ginza, laissant Thaïs devant Peter Pan - il faut parfois faire des concessions. Retour à une heure du matin, sur la pointe des pieds... Qui est debout, le doudou à la main et les yeux lourds de fatigue ? La babysit' lui avait demandé si elle voulait aller dormir. Naturellement, elle avait répondu non...

NB: le titre de ce post est un honteux plagiat du récit de voyage de l'excellent Nicolas Bouvier, une lecture absolument indispensable (chez Payot & Rivages).